Association La Cellere : Marquixanes son patrimoine, son architecture, sa vie culturelle: LES FORTIFICATIONS DE MARQUIXANES la cellere de Marquixanes
 
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LES FORTIFICATIONS DE MARQUIXANES
MARQUIXANES est un village fortifié depuis le moyen âge comme beaucoup de villages de cette région, ses fortifications datent du XIIème siècle pour les plus anciennes et des XIII et XIVème siècles pour la deuxième ceinture de ses fortifications.

D’ailleurs, si vous avez l’occasion de traverser ce village par la RN 116, vous apercevrez- coté village - un mur haut en galets ronds de la TET disposés en arête de poisson, c’est le premier rang de fortifications daté de 1172 dont l’état de conservation est remarquable.

Le premier rang visible de la RN 116


Le second rang des fortifications est altéré par une histoire plus chahutée. Il a été construit en 1245, puis détruit en 1347 et reconstruit 4 ans après.

replaçons ces fortifications de ce village dans l'histoire

PREMIER RANG DES FORTIFICATIONS 1172

les galets en arêtes de poisson

Selon les hypothèses d’une première étape de croissance du village, autour d’une église primitive implantée sur un piton rocheux, plusieurs celliers auraient été construits, entre 1020 et 1050, sur une zone d’inhumation large de 30 pas entourant l’église. voir A CATAFAU ICI Cette protection sacrée de la cellere a pu durer quelques décennies. Un siècle plus tard de nouvelles exigences s’imposent pour une deuxième étape.



Gérard II laisse par testament le Comté du Roussillon à la maison de Barcelone en 1172 .Le Comte de Barcelone Alfonse I étant également roi d’Aragon agrandit donc son influence sur le Roussillon à la même date. Cependant, à l’image des pratiques féodales de LOUIS VII autour du domaine royal –en France - c’est naturellement que Perpignan rend hommage à son seigneur le Comte de Barcelone Alfonse Ier .Cette règle féodale lui fournit la garantie d’extraire le Roussillon aux visées expansionnistes du Comte de Toulouse vers la Provence.

L’Eglise s’est adaptée aux mouvements urbains et ne négligent pas les richesses. L’abbé de Saint Martin du Canigou, possède au moins un grand cellier dans la cellere de Marquixanes. Par contre se développent au nord du royaume un mouvement religieux opposé : les cathares.

L’expansion économique - le commerce des draps est en augmentation au détriment des draps de Flandre - et le mouvement général de l’essor des villes au XIIème siècle encouragent l’idée de consolider un village à Marquixanes
Pour toutes ces raisons, nous pouvons comprendre la volonté d’Alfonse Ier d’accorder à l’abbé du Canigou la construction de fortifications à Marquixanes en 1172. C’est une étape importante de la constitution du village. En décidant de fortifier, à la même date, Salses et Millas, il établit une ligne défense avec le Nord. Il créera d’ailleurs Puigcerda en 1178.

La bretèche [i]le chemin de ronde visible à l'arrière de la bretèche


Cette première enceinte est construite en galets réguliers en provenance de la TET, avec une particularité d’être assemblés en arêtes de poisson ou en épi. Cette technique connue des romains permet de rigidifier le mur dans son sens longitudinal.
Au dessus de ce premier rang pour assurer la surveillance, a été construit un chemin de ronde. il est visible à l'arrière de la bretèche et chez certains particuliers

La construction du chemin de ronde est ici très visible par montage en décalés successifs des pierres jusqu'à atteindre 60-70 cm( certainement sans rembardes ! )


DEUXIEME RANG DES FORTIFICATIONS 1245

DE 1172 à 1245

C’est une période de forte croissance jusqu’à la fin du XIIème siècle, l’accroissement de la population et la croissance de la consommation particulières des villes engendrent quelques poussées inflationnistes. Le loyer de la terre peut doubler L’expansion de notre village s’établit donc sur deux cercles concentriques autour du premier rang des fortifications pendant cette période qui peut aller jusqu’au XIVème avec un habitat très dense.
Philippe Auguste (1179-1223) pourtant très préoccupé par les Plantagenets, engage la « croisade des Albigeois » contre l’hérésie cathare, cathares ouvertement soutenus par le Comte de Toulouse.
Les croisés sont conduits par Simon de Monfort et les luttes ont été sanglantes notamment à Béziers en 1209.
Pierre II roi d’Aragon défend son royaume au sud contre les musulmans mais va tout de même défendre son vassal le Comte de Toulouse contre ces croisés. Battu à Muret près de Toulouse en 1213, le Comte de Toulouse passe alors à Simon de Monfort. La fin de ce conflit met un terme aux ambitions du royaume d’Aragon sur la partie méridionale de la France.
Le Midi est encore loin d’être pacifié pour autant.
Par le traité de Corbeil en 1258 Jaume 1er roi d’Aragon et Louis IX (Saint Louis) s’accordent sur un échange de terres abandonnant à l’Aragon, le Roussillon et la Catalogne. La frontière avec la France passe au pas de Salses et au sud des Fenouillèdes.
C’est dans cette période incertaine que Jaume 1er accorde en 1245 un nouveau privilège à Marquixanes de pouvoir construire de nouvelles fortifications. Vinça et Casefabre peuvent à la même date construire les leurs. Après le traité de Corbeil dont les négociations ont duré 3 ans, une nouvelle protection de la frontière Nord de l’Aragon était en place.




De 1276 à 1344 Royaume de Majorque

Les catalans partent au sud et en méditerranée : Sicile, Djerba, Tunisie, Grèce, Gênes…
En France, les derniers Capétiens (les rois maudits), installation des papes à Avignon et début de la guerre de 100 ans



DEUXIEME RANG DES FORTIFICATIONS 1347 ET 1351

Pierre IV Roi d’Aragon en 1344

Après une lutte fratricide pour des problèmes de fausses monnaies, Pierre IV d’Aragon défait la flotte du dernier roi de Majorque Jacques III et rentre dans Perpignan le 16/7/1344.
Pierre IV sera cruel avec les villes qui ne l’ont pas soutenu dans cette lutte comme Elne Vinça Prades et Marquixanes.
Imposées lourdement, elles devront de plus détruire leurs fortifications, en 1347 pour celles Marquixanes.

1348 : très grande épidémie en Europe « la peste noire «

En 1351, il autorise à nouveau la reconstruction des fortifications de Marquixanes. Tous les travaux sont évidemment financés par les habitants et la qualité des murs est plus négligée que celle du premier rang. L’arrangement des pierres n’est pas ordonné, la rapidité a prévalu sur la qualité des alignements. Dans le mur le long de la rue des remparts apparait une grosse pierre ronde percée en son centre. Est-ce une meule ou une ébauche de meule ? A l’intérieur des fortifications il était envisagé de pouvoir tenir un siège d’où la présence de cette pierre récupérée.




Le tracé de ce deuxième rang de fortifications est visible par endroits principalement vers deux portes, l’une à l’ouest l’autre à l’est.
Les restes de la porte est dans la rue dite le figueral



La porte ouest avant quelques démolitions.






LE PLAN DES FORTIFICATIONS




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Posté par jmmiliton le samedi 05 décembre 2009 - 22:12:47 |Commentaires désactivés |Envoyer un email à un(e) ami(e) version imprimable Créer un pdf pour cette news
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La tradition de la saint Jean a été respectée.

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jmmiliton
28 jui : 11:53
bonnes vacances d'été

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