L' Architecture

FOURS A PAIN LEUR PRESENCE A MARQUIXANES

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FOURS A PAIN

L’histoire du pain est très ancienne et durant des siècles cette fabrication demeurera familiale. Dans les cités des grandes plaines à blé, il apparaîtra progressivement un nouveau métier, la profession de boulanger.Pour Marquixanes, les FOURS A PAIN familiaux dont il reste quelques vestiges sont difficiles à dater précisément mais ont vraisemblablement été construits au 18 ou 19ème siècle.

FOURS A PAIN

FOURS A PAIN

cul de four extérieur

FOURS A PAIN

cul de four extérieur

  

Il est probable qu’après la révolution les particuliers ont souhaité disposer de leur propre four afin d’éviter le paiement des impôts dus au seigneur ; en effet il avait seul le droit de construire un four et d’y percevoir des droits. Les fours antiques étaient construits à proximité des moulins permettant un contrôle plus efficace du blé mais également éloignés des habitations afin d’éviter le risque de propagation des nombreux incendies.

FOURS A PAIN DE MARQUIXANES

FOURS A PAIN

colonne massive de support d’un four

FOURS A PAIN

Pour les fours de Marquixanes encore accessibles, ils semblent tous intégrés dans la cuisine où ils devenaient une extension du mode de cuisson des aliments au feu de bois sur le foyer.
Un foyer adapté à ce type de cuisson existait dans chaque maison. Cette période s’est achevée selon les régions et les moyens financiers après le premier quart du vingtième siècle.
L’organisation du feu comprenait principalement un foyer au niveau du sol au dessus duquel une hotte d’un style vouté en cloche entrainait les fumées vers la cheminée. La cuisson se limitait pour beaucoup à l’ouillade contenue dans un chaudron suspendu par une crémaillère ou une chaudière.

. Une partie des maisons, dans une proportion qu’il est aujourd’hui  difficile d’estimer, disposait à coté du foyer d’un four pour cuire les boules de pain et autres viandes ou desserts. Son utilisation n’était pas quotidienne mais peut être hebdomadaire car la préparation du feu, la préparation des plats et le souci de ne rien perdre de cette chaleur en faisaient un moment de vie important. Le charbon de bois incandescent était prélevé du foyer et placé sur la sole du four au dessus de laquelle on plaçait la pate à pain. Certains fours isolés étaient chauffés directement par brulage du bois.

Il n’y a pas un seul style de cet arrangement autour du feu mais une diversité importante ; en fonction de l’espace et des architectures intérieures de cette pièce unique où devaient se positionner tout autour un foyer, un évier en pierre, un buffet bas et autres éléments du mobilier de cuisine, le four s’insérait dans un angle ou en pleine façade.

Les différentes tailles de sole de four- de 50 cm environ à 2m de diamètre -rencontrées à Marquixanes indiquent un nombre variable de personnes vivant sous un même toit ou vivant à proximité du four.
La présence d’un four de 2m de diamètre le long de la RN 116, éloigné donc des habitations antiques et assez proche des moulins laisse à penser qu’il peut s’agir d’un four de village qu’il serait intéressant de dater. ( suite à l’examen détaillé – nov 2008 -du cadastre dit Napolèon datant de 1832 pour Marquixanes, aucune mention ne se rapporte à ce métier de boulanger ; par ailleurs le nombre de portes et fenêtres sont bien indiquées pour le calcul de l’impot mais le four individuel en proéminence n’est pas mentionné; la cuisson dans les fours était peut etre le centre d’un système d’inter-échanges entre les habitants…..les recherches continuent)

FOURS A PAIN

four avec grande sole de 2 m

 

Les vestiges de ces installations sont encore présents dans certains intérieurs et les « cul du four » sont toujours visibles dans certaines ruelles car leur proéminence en saillie les détache de la façade. Tout ce patrimoine est heureusement mis en valeur par des particuliers ayant restauré leur maison, mais la dégradation du temps et certains réaménagements détruisent progressivement leur nombre et leur aspect d’origine.

FOURS A PAIN

Nous décrivons ensuite les différents types de four rencontrés en 2008 à Marquixanes.

FOUR DE GRANDE DIMENSION : le diamètre de la sole – près de 2 m -indique une utilisation collective.la construction de cette voute en schiste(?) et cet aspect irrégulier ne pouvait se faire que sur une forme en terre compacte.

FOURS A CUL DE FOUR EN SAILLIE : de 40 à 70 cm de diamètre, ils sont intégrés dans l’épaisseur du mur de façade de manière à ne prendre aucune place dans l’aménagement préexistant de la cuisine. C’est un élément probable de leur implantation tardive dans cette pièce.

FOURS A PAIN

support du cul de four en bois

FOURS A PAIN

vue intérieure de l’implantation d’un four (supprimé)

FOUR EXTERNE A COTE DU FOYER
les cuisines au premier étage disposaient aussi d’un foyer à même le sol et ce malgré un plancher en bois. Ces foyers entourés de briques, plus ou moins cimentés afin d’éviter le contact braises-plancher bois étaient suspendus par des branches d’arbre arrondies formant une corniche rempli de sable.Le foyer était donc isolé de tout. Pour intégrer un four à cette hauteur et afin d’éviter de le suspendre s’il était de grande dimension, il était posé sur une demi-tour de pierres très massive.

POTATJE:
Un autre dispositif appellé « potager » dont le nom rappelle peut etre le potage est un ensemble maçonné très ingénieux collé près de la cheminée où il était possible d’entreposer de la braise pour cuire ou maintenir au chaud les aliments contenus dans des casseroles; l’ancêtre de nos cuisinières à bois, car le ou les réceptacles de la braise étaient en fonte. Le dessous est aménagé comme rangement.

FOURS A PAIN

potatje

HOTTE INTERIEURE:
Les traces de noir de fumées très fréquentes dans les cuisines de nos aïeux témoignent d’un système d’évacuation perfectible.La construction de hotte de forme arrondie en cloche ou trapézoïdale est plus récente.

 

….LEUR DESTRUCTION…..
Le temps n’épargne pas notre patrimoine; la pluie, le vent, la gelée, l’alternance des températures nuit et jour, été et hiver finissent par avoir raison des constructions réalisées par les hommes……

Un four à Prats Balaguer, aprés sa chute, nous permet d’examiner dans l’épaisseur du mur auquel il était ancré, une entrée de four en pierres taillées et de la terre très argileuse rougie par le feu qui reliait la voute du four à la porte d’entrée.

Un four à pain est également visible au moulin Sylvestre à Marquixanes;

PROVERBES SUR LE PAIN ( ce qu’on peut lire chez son boulanger)

sans plat, sans pain, nulle bonne compagnie. offrir l’amitié à qui veut l’amour, c’est donner du pain à qui meurt de soif
mieux vaut un demi-pain que pas de pain du tout. C’est un long jour qu’un jour sans pain
mettre le pain à l’envers empêche les amours. Il faut cuire le pain tant que le four est chaud.
celui qui a faim pense à du pain. Qui a faim rêve de pain.

 

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